D'accord avec toi pour la prod, je trouve que ça se voit pas trop au début, mais que ça empire d'épisode en épisode.
Pour les portes, à chaque niveau, ils ont le choix entre 3 portes : 1 porte donne une affirmation vraie, les autres des affirmations fausses. La porte de la vraie affirmation est déverouillée et les autres portes sont verrouillées. Donc s'ils trouvent la bonne, elle s'ouvre et ils accèdent au niveau suivant. S'ils essaient d'ouvrir une porte avec fausse affirmation, la porte reste fermée et le jeu s'arrête.
Mais je t'avoue que c'est pas toujours bien expliqué leurs jeux et parfois bien le bordel avec chacun qui veut se mettre en avant.

1.02 -
Un problème de maths
L’idée d’énigmiser le rôle de la petite fille, c’est assez génial. Déjà, la notion de “promotion” de villageois est une super idée pour transcender un défaut énorme du jeu de base (l’inégalité de départ de tous les rôles). La prod semble ainsi garder un contrôle sur le rythme du jeu, sans pour autant être malhonnête dans son équilibre. Et l’astuce de transposition des regards discrets par la boîte aux lettres est fichtrement bonne.
En plus, Dylan est un personnage très sympa dans son archétype de nerd stressé.
La future victime de l’épisode sortant de nulle part (Guillaume) montre les limites d’un montage qui balance les profils des candidats au compte-gouttes : si un personnage intervient sur le devant de la scène de nulle part, c’est soit qu’il devient essentiel au récit de long terme, soit que c’est purement circonstanciel (pour illustrer un twist de la prod, ou parce qu’il est éliminé). Typiquement, je ne vois pas un monde où Nessrine et Charlie, les deux protagonistes du premier épisode, n’atteignent pas au moins le dernier tiers du jeu.
Donc, pas trop de surprise sur le départ de Guillaume le “Mnémoniste” trop agressif, mais ce n’est pas non plus vraiment l’intérêt du jeu. Idem, Olivier l’ex-DGSE, qui avait tous les projecteurs à l’épisode 1, est ici beaucoup moins important et se met largement en retrait. Difficile de savoir si c’est à cause du montage (qui le garde sous le coude pour plus tard car il va faire une dinguerie/obtenir un rôle), ou si c’est y compris in-game (ce qui me ferait dire qu’il est loup).
De même, il y a pour le moment un gros déséquilibre entre les portraits hommes et femmes, avec vraiment au moins trois meufs qui sont to-ta-le-ment invisibles (Élodie avant cet épisode, Alexane, et je n’ai même plus le nom de la troisième — j’ai dû aller vérifier : Suzy).
Je reste confiant sur le fait que tout ça relève de choix pertinents de la prod, qui a conscience des limites de ce genre d’émissions. Typiquement, le second degré avec lequel on traite le premier départ (Pierre le sportif plongeur), toujours un peu un oublié dans un game show, est assez marrant, avec tout un running-gag “première victime ouin ouin” qui m’a fait rire (c’est la seule bonne intervention de Mister V de l’épisode — je le trouve toujours naze sinon).
Mais c’est dommage de ne pas avoir exploité le générique (superbe, d’ailleurs) ou bien juste la séquence “Je suis villageois” de l’épisode 1, pour vraiment introduire tout le monde, même brièvement. Après, cela révèle que la prod fait des choix, et par conséquent, a réfléchi à son récit et peut se justifier, ce qui en fait une histoire personnelle plus fidèle à une bonne fiction qu’à un vulgaire documentaire ennuyant où on donnerait la parole à tout le monde. Quelque part, le déséquilibre me semble toujours être un très bon signe.
On nous introduit par exemple Élodie la “spécialiste du cerveau” qui, pour ma part (désolé, hein) me semble être totalement une illuminée, pour ne pas dire folle. À mon avis, c’est son personnage qui est exacerbé par le montage, afin qu’on se fiche un peu de sa tête. Mais heureusement que Clara la streameuse est là pour remonter le niveau chez les femmes, même si je la suspecte aussi fortement d’être loup. Je pense en effet que la prod ne résistera pas à l’envie de cacher un loup dans le montage parmi les personnages “pas tout à fait en arrière-plan, mais pas sur le devant de la scène non plus”, et assez drôles ou intelligents pour être retenus par l’audience. Du genre une Clara la streameuse donc, ou bien un Stéphane le comédien d’impro, qui a le rôle facile du bout-en-train qui désamorce tout soupçon par des blagues.
J’aurais aussi mis Aurélie la matheuse dans le même bateau, présentée discrètement au premier épisode, si elle n’avait pas complètement flingué sa crédibilité dans l’épreuve du jour en imposant sa vision, ce qui a le don d’énerver tout le monde et qui semble être typique d’une villageoise un peu bête.
En parlant des épreuves, je les redoutais également beaucoup (teasée extensivement dans un des — beaucoup trop nombreux — flashforwards), car c’est de loin la pire portion des Traîtres ou de Koh-Lanta par exemple. Mais ici étonnamment, c’était ok, avec cette histoire de portes où il ne s’agit pas de physique mais de cohésion et de psychologie.
En tout cas, c’était un bien meilleur second épisode, avec un Charlie toujours trop confiant que j’ai hâte de voir chuter (je pense qu’il chutera avant la fin) et un cast qui continue de se dévoiler, même si un poil trop lentement.